Inégalités, pauvreté, globalisation : les faits et les débats

Par Pierre-Noël GIRAUD
Comment citer cet article
Pierre-Noël GIRAUD, "Inégalités, pauvreté, globalisation : les faits et les débats", CERISCOPE Pauvreté, 2012, [en ligne], consulté le 20/10/2018, URL : http://ceriscope.sciences-po.fr/pauvrete/content/part1/inegalites-pauvrete-globalisation-faits-et-debats

De cette analyse, on peut tirer un panorama des propositions de politique économique pour l’industrie en Europe. Il est indispensable d'évaluer et de quantifier correctement les enjeux. Or nous ne disposons pas des chiffres qui nous permettent de comprendre les effets précis de la globalisation. Il nous faut donc construire la comptabilité des échanges en valeur ajoutée, une quantification systématique en termes de nomades et de sédentaires et une évaluation des investissements en capital humain pour localiser les maillons des chaînes de valeur.
Les mesures consensuelles, et même ressassées ad nauseam depuis le traité de Lisbonne, consistent en l'amélioration de la compétitivité-qualité des nomades actuels high tech : innovation, recherche, formation, réforme fiscale, etc. Beaucoup commencent à  penser qu’elles seront malheureusement insuffisantes.
Des mesures brocardées, mais à fort potentiel, seraient, comme nous l’avons vu, de stimuler l’innovation chez les nomades « culturels »: tourisme, terroir, etc. Il n’y a aucune raison de ne pas valoriser la France des 40 000 châteaux autant que celle de l’aéronautique. Opposer la France high tech à la France « Costa Brava » ou « parc de loisir » ne fait pas sens : nous devons développer les deux.  D'autres mesures sont aujourd’hui bien trop négligées : améliorer  la productivité et la qualité des services « sédentaires ».

Enfin, un débat se fait jour autour des mesures visant à modifier les règles du jeu de la globalisation et en particulier les rapports des économies les plus riches avec les acteurs émergents. Ces mesures sont les suivantes : la décision des chaînes de valeur à conserver et relocaliser, en bon gestionnaire de notre capital humain et social ; la négociation avec Chinois et Indiens de nouvelles règles du jeu basées sur la pleine reconnaissance de leur puissance technologique et enfin ol'observation de ce que vont faire les Américains.
Les quatre premières familles de mesures relèvent uniquement de politiques nationales et de coordination européenne. La dernière relève de la compétition-coordination avec les émergents. De plus en plus d'analystes jugent celle-ci désormais indispensable, estimant que l’industrie et les services associés, qui constituent toujours le cœur du développement, sont aujourd’hui trop mal répartis dans le monde. Pas assez nombreux en Afrique, trop extravertis dans les grands émergents, plus assez en Europe et aux Etats-Unis. Cela résulterait d’un défaut de coopération globale qu’il faudrait aujourd’hui corriger.