Altermondialisme : contre-pouvoir global ou grande alternative ?

Par Eddy FOUGIER
Comment citer cet article
Eddy FOUGIER, "Altermondialisme : contre-pouvoir global ou grande alternative ?", CERISCOPE Puissance, 2013, [en ligne], consulté le 22/11/2017, URL : http://ceriscope.sciences-po.fr/puissance/content/part6/altermondialisme-contre-pouvoir-global-ou-grande-alternative


Où en est le courant altermondialiste quelque deux décennies après son émergence, si l’on considère que celui-ci a pour origine l’insurrection zapatiste au Mexique lancée le 1er janvier 1994 ? Le terme le plus couramment usité pour décrire l’état du mouvement est sans aucun doute celui d’« essoufflement ». Celui-ci marquerait le pas et serait à la recherche d’un nouvel élan depuis le milieu des années 2000. Ce constat repose sur l’hypothèse selon laquelle l’altermondialisme tend à se confondre avec un mode opératoire basé sur des manifestations de masse lors de sommets officiels, qui peuvent être émaillées d’exactions violentes (comme ce fut le cas lors du sommet de l’Organisation mondiale du commerce à Seattle en 1999 ou du G8 à Gênes en 2001), et sur l’organisation de rassemblements originaux, à savoir les forums sociaux, au premier rang desquels se trouve le Forum social mondial (FSM). Or, à partir du moment où ces événements sont moins fréquents, moins mobilisateurs et moins médiatisés, on en conclut que le mouvement s’essouffle. La réalité est sans aucun doute plus complexe (voir Fougier 2012). Par ailleurs, l’émergence depuis 2011 de mouvements du type « Indignés » ou « Occupy » a ramené sur le devant de la scène médiatique la question de la contestation du « système » économique et social dominant.