La pauvreté en Inde. Une bombe à retardement ?

Par Christophe Jaffrelot
Comment citer cet article
Christophe Jaffrelot, "La pauvreté en Inde. Une bombe à retardement ?", CERISCOPE Pauvreté, 2012, [en ligne], consulté le 19/08/2017, URL : http://ceriscope.sciences-po.fr/pauvrete/content/part3/la-pauvrete-en-inde-une-bombe-a-retardement

L’Inde est à la fois un des pays où le taux de croissance est le plus élevé au monde - 7% en moyenne annuelle sur la décennie 2000-2010 - et celui où le nombre de pauvres est le plus grand. Ce paradoxe - dont les termes varient suivant les critères que l’on adopte pour définir la ligne de pauvreté - s’explique par le caractère très inégalitaire d’une trajectoire en forme de croissance sans développement. Cette pauvreté de masse frappe moins les villes (où les musulmans en sont toutefois parmi les premières victimes) que les campagnes en général et les Dalits (ex-intouchables) et les Adivasis (aborigènes) en particulier, notamment dans une vaste zone située au nord et à l’est de l’Inde. C’est là, logiquement, que le mouvement maoïste s’étend, surtout lorsque les aborigènes sont en outre victimes de l’exploitation des ressources minérales dont regorgent leurs territoires. C’est à ce titre - notamment - que la pauvreté constitue un immense défi politique pour la démocratie indienne.