La construction du « soft power » : l’exemple de la Corée du Sud

Par Eric BIDET
Comment citer cet article
Eric BIDET, "La construction du « soft power » : l’exemple de la Corée du Sud", CERISCOPE Puissance, 2013, [en ligne], consulté le 20/11/2019, URL : http://ceriscope.sciences-po.fr/puissance/content/part2/la-construction-du-soft-power-l-exemple-de-la-coree-du-sud

En l’espace de quelques décennies, la Corée du Sud s’est imposée comme un soft power significatif à l’échelle régionale et, de plus en plus, à l’échelle mondiale. L’étude réalisée par le Chicago Council on Global Affairs sur le soft power en Asie (Whitney et Shambaugh 2009) donne un aperçu de ce soft power et permet de l’apprécier en termes comparatifs, notamment par rapport à celui de la Chine ou du Japon. Cette étude montre ainsi que le soft power de la Corée du Sud est encore globalement limité comparé à celui de ses puissants voisins, mais souligne que la dimension culturelle de ce soft power est particulièrement affirmée. Depuis quelques années, le développement le plus visible de ce soft power est en effet d’ordre culturel sous l’effet, notamment, d’une politique gouvernementale active de soutien au développement des industries culturelles, et plus précisément aux contenus culturels, perçus à la fois comme vecteur de développement pour les exportations de produits sud-coréens et comme moyen de façonner une image de la Corée du Sud à l’étranger et de compenser ainsi une des faiblesses de la diplomatie coréenne qui a largement échoué jusqu’à présent à faire (re)connaître la culture et l’identité coréennes.