Phénomène diasporique, transnationalisme, lieux et territoires

Par Michel Bruneau
Comment citer cet article
Michel Bruneau, "Phénomène diasporique, transnationalisme, lieux et territoires", CERISCOPE Frontières, 2011, [en ligne], consulté le 21/08/2017, URL : http://ceriscope.sciences-po.fr/content/part4/phenomene-diasporique-transnationalisme-lieux-et-territoires

Les migrants internationaux entretiennent des liens avec au moins deux types de lieux ou de territoires : ceux de leur origine, ou plus précisément, ceux d’où ils sont partis, et ceux de leur installation ou de leur transit. Entre ces différents lieux existe un espace, de part et d’autre des frontières, qu’on peut nommer transnational. Ces mêmes migrants internationaux se réfèrent à différents types de territoires correspondant ou non à des États-nations. Le premier d’entre eux est tout naturellement l’État-nation dans lequel ils sont installés, où ils vivent. L’autre est celui d’où ils viennent, s’il existe, à moins que ce territoire d’origine soit sans État ou situé à l’intérieur d’un État-nation ou encore une ville ou un village. Outre la dimension spatiale intervient la dimension temporelle, essentielle, qu’elle soit ou non liée à la circulation du migrant entre ces divers lieux et territoires. Lorsqu’on analyse la territorialité des migrants internationaux, il est intéressant de voir quels types de rapports ou de liens ils entretiennent avec ces lieux ou ces territoires dans l’espace et dans le temps. Ces rapports sont divers : économiques, politiques, identitaires, religieux… Ils passent le plus souvent par des symboles, par une iconographie.

Les dispersions de migrants plus ou moins récents et issus de peuples divers dans un espace transnational se déclinent différemment selon l’origine, la cause de la dispersion et sa durée. On peut les regrouper en deux grandes catégories : les diasporas et les communautés transnationales, après une approche statistique et cartographique du phénomène migratoire et diasporique à l’échelle mondiale.