Russie : le syndrome de la puissance

Par Anne de TINGUY
Comment citer cet article
Anne de TINGUY, "Russie : le syndrome de la puissance", CERISCOPE Puissance, 2013, [en ligne], consulté le 12/12/2019, URL : http://ceriscope.sciences-po.fr/puissance/content/part4/russie-le-syndrome-de-la-puissance

La Russie postsoviétique est à la fois puissante et impuissante. Elle est parvenue à garder une place centrale dans la vie internationale, mais elle n’a pas la capacité qu’elle ambitionne d’avoir à peser sur la décision et à être une force d’attraction. Le succès diplomatique remarqué qu’elle enregistre en septembre 2013 en Syrie (l’accord sur la destruction des armes chimiques conduit les Etats Unis et la France à renoncer à l’option du recours à la force et, comme le voulait Moscou, il contribue au maintien au pouvoir de Bachar al Assad) – qui reste limité s’il ne met pas fin à la guerre civile – n’infirme pas ce jugement. La Russie a des ressources qu’elle ne parvient qu’imparfaitement à valoriser, pour des raisons liées à la stratégie employée – les messages envoyés entrent souvent en contradiction les uns avec les autres – et à son évolution interne. Les réalités nationales obèrent sa capacité d’influence extérieure. L’efficacité de son action est liée à l’aptitude du pouvoir à articuler les différentes orientations de la politique menée et à donner à l’ensemble une cohérence. Elle l’est aussi à son engagement sur la voie de la modernisation : le dynamisme interne se répercuterait alors sur l’attraction qu’elle exercerait à l’extérieur.