La diversification des espaces de production du savoir

Par Michel Grossetti, Denis Eckert, Laurent Jégou, Marion Maisonobe, Yves Gingras et Vincent Larivière
Comment citer cet article
Michel Grossetti, Denis Eckert, Laurent Jégou, Marion Maisonobe, Yves Gingras et Vincent Larivière, "La diversification des espaces de production du savoir", CERISCOPE Puissance, 2013, [en ligne], consulté le 17/06/2019, URL : http://ceriscope.sciences-po.fr/puissance/content/part2/la-diversification-des-espaces-de-production-du-savoir

Contrairement à l’idée qui prévaut dans beaucoup de débats et de décisions sur les politiques scientifiques, la tendance globale n’est pas à la concentration des activités scientifiques dans des « villes mondiales ». Ce que l’on observe est d’abord une perte d’hégémonie des pays les plus anciennement présents dans les bases de données bibliographiques, avec une croissance particulièrement importante des pays asiatiques (Chine, Corée du Sud, Taiwan), mais plus largement de très nombreux pays « émergents ». Cette évolution contribue à diversifier les lieux de production des publications recensées. On observe ensuite au sein de nombreux pays, indépendamment de l’évolution globale de la production scientifique nationale, une tendance à la déconcentration par croissance supérieure de villes « secondaires » (Russie, France, Espagne, Royaume-Uni, Chine, etc.). Les pays les plus anciennement « déconcentrés » (Etats-Unis, Canada, Allemagne par exemple) ont une géographie scientifique plutôt stable. Les pays qui connaissent un processus de concentration sont rares et pour chacun d’entre eux, cette situation s’explique par leurs évolutions démographiques, économiques et scientifiques. Les espaces de production du savoir sont donc, à toutes les échelles considérées, en voie de diversification.