La diversification des espaces de production du savoir

Par Michel Grossetti, Denis Eckert, Laurent Jégou, Marion Maisonobe, Yves Gingras et Vincent Larivière
Comment citer cet article
Michel Grossetti, Denis Eckert, Laurent Jégou, Marion Maisonobe, Yves Gingras et Vincent Larivière, "La diversification des espaces de production du savoir", CERISCOPE Puissance, 2013, [en ligne], consulté le 17/06/2019, URL : http://ceriscope.sciences-po.fr/puissance/content/part2/la-diversification-des-espaces-de-production-du-savoir

Une façon simple d’évaluer la concentration est de calculer la proportion des publications mondiales que l’on peut attribuer aux plus grandes agglomérations scientifiques mondiales (voir tableau ci-dessous). Les résultats sont sans ambiguïté : la tendance à la déconcentration est générale.

Sur une période relativement courte (moins d’une décennie), la contribution des principales agglomérations mondiales à la production scientifique diminue. Les dix premières d’entre elles comptent pour un peu plus de 15 % du total, perdant presque deux points par rapport au début de la décennie. La tendance est générale, que l’on considère la barre des trente, cinquante, cent premières agglomérations mondiales, ou plus loin encore dans le classement. Cela signifie que l’activité scientifique est en voie de diffusion générale. Ce processus n’est pas récent : il est lent et continu. Nous avons pu l’observer depuis la fin des années 1980, quand les dix premières agglomérations mondiales pesaient encore 21 % du total. Elles ont donc perdu cinq points en vingt ans, preuve que la théorie de la concentration de la science dans les grandes métropoles ne résiste pas à l’analyse.