La diversification des espaces de production du savoir

Par Michel Grossetti, Denis Eckert, Laurent Jégou, Marion Maisonobe, Yves Gingras et Vincent Larivière
Comment citer cet article
Michel Grossetti, Denis Eckert, Laurent Jégou, Marion Maisonobe, Yves Gingras et Vincent Larivière, "La diversification des espaces de production du savoir", CERISCOPE Puissance, 2013, [en ligne], consulté le 24/08/2019, URL : http://ceriscope.sciences-po.fr/puissance/content/part2/la-diversification-des-espaces-de-production-du-savoir

Si nous élargissons la perspective, nous pouvons prendre comme indice de déconcentration la variation de la part des publications d’un pays produite par l’agglomération la plus importante en début de période. Considérons comme stables les pays où cette évolution est inférieure en valeur absolue à 1 % pour une période de dix ans. Si ces variations sont supérieures à 1 % et inférieures à 2,5 % sur dix ans, nous considérons que les pays sont confrontés à des processus de déconcentration (si le signe est négatif) ou de concentration (s’il est positif).

Ces soixante-dix pays produisent 90,1 % des publications mondiales. Le tableau indique clairement que la grande majorité connaît un processus de déconcentration interne, selon des temporalités variables. Le groupe des pays stables regroupe beaucoup de pays anciennement présents dans les bases de données, et n’ayant pas connu de grande transformation de leur système universitaire (Amérique du Nord, Japon, certains pays européens). Les rares cas de concentration (six seulement sur soixante-dix pour l’ensemble de la période) correspondent tous à des histoires particulières avec des politiques spécifiques : développement spécifique des écoles polytechniques en Suisse, déséquilibre entre Auckland et Christchurch en Nouvelle-Zélande, fermetures de centres de recherche à Cali faisant mécaniquement remonter Bogota dans le total des publications de la Colombie, etc. Remarquons qu’il n’y a pas de corrélation entre le taux de croissance des publications d’un pays et la tendance à la concentration ou la déconcentration. Les pays stables sont ceux qui progressent le moins, mais c’est parce qu’ils sont les plus anciennement déconcentrés.