La diplomatie culturelle française : une puissance douce ?

Par Daniel HAIZE
Comment citer cet article
Daniel HAIZE, "La diplomatie culturelle française : une puissance douce ?", CERISCOPE Puissance, 2013, [en ligne], consulté le 22/11/2017, URL : http://ceriscope.sciences-po.fr/puissance/content/part2/la-diplomatie-culturelle-francaise-puissance-douce

Plan de l'article:


Sur le substrat des initiatives privées qui se sont développées au cours des siècles, l’Etat, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, a structuré une politique culturelle extérieure autour d’un projet fort, doté de moyens financiers et d’une administration, la direction des relations culturelles, au champ de compétence croissant.

La diplomatie culturelle est une composante de la politique extérieure de l’Etat qui relève aujourd’hui de la compétence de la direction générale de la mondialisation, du développement et des partenariats (DGM) du ministère des Affaires étrangères, de ses opérateurs et d’un important réseau à l’étranger. Elle s’articule autour de deux priorités : la recherche de partenariats de haut niveau et le renforcement de l’attractivité du territoire d’une part, et d’autre part la promotion du savoir-faire, des idées et de la créativité française.

Le plus souvent évoquée en termes de diffusion, de rayonnement, voire d’échanges ou de coopération, la diplomatie culturelle a toujours eu un objectif tacite d’influence, comme en témoigne le rapport à la Chambre des députés sur le budget de 1920 (cité par Salon 1981) :

« Nos lettres, nos arts, notre civilisation industrielle, nos idées ont exercé de tout temps un puissant attrait sur les nations étrangères. Nos universités, nos écoles à l’étranger sont de véritables foyers de propagande en faveur de la France ; elles constituent une arme aux mains de nos pouvoirs publics. C’est pourquoi le ministère des Affaires étrangères et ses agents de l’extérieur doivent diriger et contrôler les initiatives, inspirer à tout prix la pénétration intellectuelle française avec la conviction qu’elle est une des formes les plus sûrement efficaces de notre action à l’étranger, qu’elle est, à l’égard des différentes nations, l’un des moyens les plus riches en ressources et les moins discutables de notre politique extérieure. »

La France ne peut plus se contenter devivre sur un capital de sympathie accumulé au fil des ans : on a dans le monde non pas tant la place que l’on mérite que celle que l’on se donne. Pour être performante, la diplomatie culturelle d’influence implique la réunion de deux conditions : elle doit à la fois être une priorité de l’Etat, étayée par des moyens budgétaires et humains conséquents, et faire l’objet d’une organisation pertinente.