Les immigrés sud-caucasiens en fédération de Russie : des nouvelles minorités intermédiaires

Par Adeline Braux
Comment citer cet article
Adeline Braux, "Les immigrés sud-caucasiens en fédération de Russie : des nouvelles minorités intermédiaires", CERISCOPE Frontières, 2011, [en ligne], consulté le 28/05/2016, URL : http://ceriscope.sciences-po.fr/content/part4/les-immigres-sud-caucasiens-en-federation-de-russie

Plan de l'article:

Le grand mouvement d’échanges migratoires qui a eu lieu dans la période qui a immédiatement suivi la fin de l'Union soviétique se caractérise par une étonnante hétérogénéité et une grande complexité. À l’époque, nombre d’observateurs s’interrogeaient sur un possible déferlement des masses ex-soviétiques en Europe et aux États-Unis, sans envisager leur éventuelle migration vers la Russie. Car au sein des mouvements de population qui ont suivi l’effondrement du camp socialiste, la fédération de Russie est apparue comme une terre d’élection pour nombre d’anciens citoyens soviétiques issus de la périphérie, chassés de leur république d’origine par les guerres, la précarité économique, la perte d’un statut social ou les trois à la fois.

Parmi ces flux, le « retour » des Russes ethniques installés dans les anciennes républiques et les migrations de travail en provenance des anciennes républiques de l'URSS ont alimenté les débats sur le caractère post-impérial des migrations dans l’espace post-soviétique. Il est vrai que la proximité entre l’ancien centre et ses périphéries se reflète jusque dans la législation russe en matière d’entrée et de séjour des étrangers sur le territoire de la fédération de Russie. Celle-ci reste, en effet, largement ouverte à la plupart des ressortissants des pays de la CEI, à l’exception de la Géorgie et du Turkménistan, victimes de la « diplomatie des visas ». Les ressortissants arméniens et azerbaïdjanais ne sont, quant à eux, pas soumis à l’obligation d’obtenir un visa pour se rendre en Russie, ce qui facilite leur mobilité vers ce pays.