Frontières et nationalisme autour du Sahara Occidental

Par Luis Martinez
Comment citer cet article
Luis Martinez, "Frontières et nationalisme autour du Sahara Occidental", CERISCOPE Frontières, 2011, [en ligne], consulté le 28/07/2016, URL : http://ceriscope.sciences-po.fr/content/part3/frontieres-et-nationalisme-autour-du-sahara-occidental

Le conflit oublié, gelé, dans l’impasse du Sahara Occidental est l’otage d’un affrontement entre deux puissances, l’Algérie et le Maroc, qui, depuis trente-cinq ans s’efforcent d’élargir leur influence au-delà de leurs frontières héritées de la période coloniale. La population sahraouie est aux prises entre l’enclume marocaine qui a fait le choix stratégique de l’annexion du territoire cédé par l’Espagne en 1976 et le marteau algérien qui, inflexible, exige, comme le droit international l’autorise depuis le plan de paix de l’ONU, un référendum sur l’autodétermination. À défaut de solution politique, la population sahraouie est abandonnée à un traitement humanitaire qui déculpabilise les principaux responsables de cette impasse. Dès le début du conflit, l’Algérie de Boumediene prend position en faveur des Sahraouis, afin de ne pas voir son voisin accroître son territoire dans le Sahara dont le potentiel économique et énergétique est inexploité. Quant à la monarchie d’Hassan II, elle considère que le territoire de l’Algérie est un cadeau que la France coloniale a offert à Alger au détriment de Rabat. Elle ne comprend pas l’aversion de l’Algérie à voir le Maroc disposer également d’une profondeur saharienne qui s’avère, pour elle, une récupération de son territoire après l’intermède du protectorat espagnol (1884-1976).