La conscience environnementale, condition d'une puissance soutenable ?

Par François GEMENNE
Comment citer cet article
François GEMENNE, "La conscience environnementale, condition d'une puissance soutenable ?", CERISCOPE Puissance, 2013, [en ligne], consulté le 21/11/2017, URL : http://ceriscope.sciences-po.fr/puissance/content/part6/la-conscience-environnementale-condition-d-une-puissance-soutenable


Le 9 mai 2013, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, le taux de concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère a dépassé le seuil de 400 parties par million (ppm). Derrière l’abstraction du chiffre se cache une augmentation continue, de l’ordre d’environ 3 % par an, des émissions mondiales de gaz à effet de serre, qui nous amène aujourd’hui sur la trajectoire d’un réchauffement moyen de la température mondiale de l’ordre +4°C d’ici 2100 (New et al. 2011). Pour limiter ce réchauffement à +2°C, objectif officiel acté lors du sommet de Copenhague en 2009, le taux de concentration des gaz à effet de serre doit être stabilisé à 450 ppm – il augmente pour l’heure de plus de 2 ppm chaque année, et ce taux de croissance est lui-même en augmentation. Ce qui veut dire que le seuil de 450 ppm sera atteint avant 2050.

Un changement climatique de l’ordre de +4°C engendrerait une crise environnementale sans précédent pour des nombreux Etats : hausse des températures moyennes de plus de 6 ou 7°C dans de nombreuses régions du monde, hausse du niveau de la mer de plus d’un mètre, augmentation substantielle du nombre et de la fréquence des catastrophes naturelles, etc. Cette crise environnementale est déjà largement à l’œuvre aujourd’hui et n’est pas exclusivement liée au changement climatique : entre 2008 et 2012, plus de 142 millions de personnes ont été déplacées à la suite de catastrophes naturelles (IDMC 2013), essentiellement en Asie du Sud et du Sud-Est. En 2009, un groupe de scientifiques reconnus, sous la conduite de Johan Rockström, a défini neuf frontières naturelles qui, si elles étaient dépassées, mettraient gravement en péril la vie sur terre. A ce jour, trois de ces frontières le sont déjà : la perte de biodiversité, le changement climatique et les émissions de nitrogène dans la biosphère et les océans (Rockström et al. 2009).

Cette contribution ambitionne d’abord de montrer en quoi les crises environnementales représentent une menace pour la stabilité des Etats, et donc un élément de leur affaiblissement. Nous tenterons ainsi de mettre en évidence la corrélation entre les dégradations – brutales ou graduelles – de l’environnement et les problèmes de sécurité intérieure, ainsi que les processus sous-jacents à cette corrélation. Dans une seconde partie, nous examinerons, a contrario, en quoi le développement durable peut constituer la condition d’une puissance soutenable. Puissance diplomatique d’abord, avec l’importance croissante des questions environnementales dans les relations internationales, notamment autour d’enjeux mondiaux comme le changement climatique. Puissance économique ensuite, à l’heure où beaucoup d’économistes érigent la croissance verte en modèle d’une nouvelle prospérité pour les pays industrialisés et la considèrent comme une voie de développement porteuse pour les pays du Sud.

Crises environnementales et stabilité des Etats

Comme en témoigne l’histoire récente, des catastrophes naturelles majeures peuvent mettre en cause la légitimité même des Etats et fragiliser leur souveraineté. Le palais présidentiel en ruine de Port-au-Prince, après le tremblement de terre de janvier 2010, restera sans doute l’un des symboles les plus forts de cette fragilité : ce n’est pas seulement le pays que le tremblement de terre avait mis à terre, c’était aussi l’Etat lui-même, incapable de satisfaire aux besoins élémentaires de sa population, au point que l’on ait un instant hésité à laisser les Etats-Unis assurer le gouvernement du pays. Plus récemment, la catastrophe de Fukushima, si puissante qu’elle a transformé la géographie du Japon, a aussi profondément mis en cause la légitimité du gouvernement japonais et sa capacité à assurer la sécurité de sa population : le Premier ministre n’a eu d’autre choix que de démissionner, et la confiance des Japonais dans leurs institutions s’en est trouvée considérablement affectée.

Dans un ouvrage de vulgarisation ambitieux et controversé (2005), Jared Diamond a tenté de montrer comment plusieurs civilisations à travers l’histoire avaient disparu du fait de leur incapacité à gérer durablement leurs ressources naturelles. Le cas de la civilisation maya est ainsi devenu emblématique : une croissance démographique trop importante aurait conduit à l’épuisement des ressources disponibles et à des luttes intestines pour y accéder, tandis que les classes dirigeantes étaient focalisées sur leur intérêt à court terme. Cette surexploitation des ressources, combinée à une pression démographique insupportable, a conduit à une sécheresse sans précédent qui a précipité la chute de la civilisation maya, pourtant l’une des plus puissantes et des plus avancées de l’époque. A l’appui de sa démonstration, Diamond mentionne de nombreux exemples similaires : la civilisation pascuane, les Vikings au Groenland, et même le Rwanda en 1994. D’aucuns lui ont pourtant reproché un déterminisme environnemental excessif, qui aurait passé sous silence l’influence d’autres facteurs, et en premier lieu celle de la colonisation, sur de nombreuses civilisations (McAnany et Yoffee 2009).

Plus récemment, ce sont les liens entre le changement climatique et les enjeux de sécurité qui ont mobilisé l’attention des chercheurs. De nombreux travaux établissent ainsi une corrélation historique évidente entre les crises environnementales et l’occurrence de conflits. Hsiang et Burke, de l’Université de Californie à Berkeley, observent ainsi un taux de corrélation de 78 % entre changements climatiques et conflits, à partir d’une étude de cinquante cas historiquement documentés (Hsiang et Burke 2014). L’existence d’un lien de causalité entre changement climatique et conflits reste toutefois sujette à controverse et continue à opposer quantitativistes et qualitativistes : sans mettre en cause une corrélation évidente entre changements climatiques et conflits, plusieurs chercheurs insistent ainsi sur l’importance de la prise en compte de facteurs politiques, économiques et sociaux comme variables explicatives prédominantes (Buhaug et al. 2010).

Si la causalité de la relation entre changements climatiques et conflits fait toujours débat, il semble en revanche indéniable que les pays fréquemment frappés par des catastrophes naturelles sont aussi beaucoup plus touchés par des conflits internes : Marc Levy, de l’Université Columbia, a ainsi passé en revue les opérations onusiennes de maintien de la paix des soixante dernières années, menées dans quarante-neuf pays, et n’a trouvé qu’un seul pays (le Kosovo) qui n’avait pas été affecté par d’importantes catastrophes naturelles pendant la durée de l’opération (cité dans Matthew 2014).

Il apparaît pourtant aujourd’hui que ce n’est pas uniquement en raison de son potentiel polémologique que le changement climatique constitue une menace pour la stabilité et la sécurité des Etats. La raréfaction des ressources induite par le changement climatique combinée à leur inégale distribution pourrait ainsi provoquer des nombreuses crises humanitaires, qui pourraient à leur tour fragiliser la stabilité de plusieurs Etats, incapables de répondre aux demandes de leurs populations. La faim, en particulier, est un puissant moteur de troubles civils : c’est la flambée des prix des denrées alimentaires qui a été l’élément déclencheur du Printemps arabe en décembre 2010, après qu’un maraîcher s’est immolé à Sidi Bouzid (Tunisie).

Plusieurs infrastructures critiques se trouveront également menacées : routes, voies ferrées et aéroports, mais aussi réseaux de distribution électrique, par exemple. L’accident de Fukushima a cruellement rappelé que nombre d’installations critiques étaient situées dans des zones extrêmement vulnérables.

Enfin, le changement climatique, combiné aux catastrophes naturelles et à d’autres dégradations de l’environnement, pousse chaque année des millions de personnes à quitter leur lieu d’habitation pour chercher refuge ailleurs. Même si ces mouvements de populations sont impossibles à chiffrer à l’heure actuelle, il est clair que l’environnement est devenu un facteur majeur de migrations, dont l’importance ira sans nul doute croissant. Aujourd’hui, la très grande majorité de ces mouvements de populations ont lieu à l’intérieur des frontières des pays touchés, généralement des pays en développement pour lesquels la gestion de ces transformations démographiques internes constitue un défi considérable. Dans le scénario probable d’un changement climatique de +4°C, plusieurs régions du monde deviendraient inhabitables, ce qui entraînerait la relocalisation de nombreuses populations et soulèverait par conséquent de nombreux enjeux en matière de sécurité et de stabilité (Gemenne 2011). Plusieurs gouvernements ont déjà commencé à déplacer des populations par anticipation des futurs impacts du changement climatique (de Sherbinin et al. 2011).

Qu’elles soient associées au changement climatique ou à d’autres catastrophes naturelles, les crises environnementales constituent donc d’importantes menaces pour la stabilité et la sécurité des Etats, capables de saper les fondements de leur puissance. Cette menace peut bien sûr prendre la forme de conflits, mais aussi et surtout de crises de légitimité liées à la raréfaction des ressources, à la destruction d’infrastructures critiques ou à des mouvements internes de populations. Mais à l’inverse, peut-on imaginer qu’une plus grande attention portée à l’environnement puisse constituer à l’avenir un ressort essentiel de la puissance ?

Le développement durable, ressort de la puissance ?

Ce n’est qu’à partir des années 1970 que les questions d’environnement prennent une dimension véritablement politique. Le constat de l’accélération de la crise environnementale ainsi que plusieurs avancées scientifiques vont pousser les Nations unies à convoquer régulièrement, à partir de 1972, des conférences internationales sur l’environnement. Cette année-là, la conférence de Stockholm marque l’entrée de l’environnement en politique. Dans sa foulée, la plupart des pays industrialisés nommeront un ministre de l’Environnement (la France dès 1971) ou créeront une agence gouvernementale spécialisée.

La multiplication des négociations sur l’environnement va conférer à ces questions une importance croissante dans la sphère diplomatique, ce dont témoigne notamment l’usage de plus en plus répandu de la notion de diplomatie environnementale (Susskind 1994). Depuis les années 1980, les traités internationaux sur l’environnement se sont multipliés, couvrant la plupart des aspects de la crise environnementale : désertification, trou dans la couche d’ozone, commerce des espèces menacées, érosion de la biodiversité, et bien sûr changement climatique. C’est au sommet de la Terre de Rio, en 1992, que cette tendance à la régulation par traités connaît son apogée, avec la signature de pas moins de trois conventions-cadres sur l’environnement : sur le climat, sur la désertification et sur la biodiversité.

Ces négociations sont souvent liées à d’autres enjeux et dépassent aujourd’hui le cadre strict de l’environnement. La Russie, par exemple, avait conditionné sa ratification du protocole de Kyoto à son entrée au sein de l’Organisation mondiale du commerce, parrainée par l’Union européenne. Le blocage actuel des négociations sur le climat dépasse largement la seule question climatique : ce qui est en cause, ce n’est pas seulement la répartition des efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre et du financement de l’adaptation, mais plus largement les rapports d’équilibre entre le Nord et le Sud, la distribution des ressources, des coûts et des bénéfices, le rôle des pays émergents dans l’architecture de la gouvernance mondiale, la relation sino-américaine…

Relativement confidentielles à leurs débuts, les négociations sur le climat, en particulier, semblent incarner aujourd’hui tous les manquements, toutes les faiblesses de la coopération internationale. Elles sont aussi l’occasion de reconfigurations géopolitiques, de coalitions inédites et d’affirmation de la puissance de certains. L’Union européenne, par exemple, a souvent essayé d’afficher sur le climat une position plus unifiée que sur beaucoup d’autres dossiers internationaux, et son leadership environnemental a pu apparaître, par moments, comme le signe de l’affirmation d’une puissance d’un type nouveau sur la scène internationale (Oberthür 2011). Ces négociations ont aussi permis à d’autres Etats d’exercer une influence inédite sur la scène internationale, souvent à la faveur de coalitions originales : les petits Etats insulaires, traditionnellement considérés comme des entités négligeables dans les négociations internationales, ont ainsi acquis une puissance nouvelle avec leur regroupement au sein de l’Alliance des petits Etats insulaires (AOSIS), créée en 1990. Grâce à cette coalition fondée sur le partage de caractéristiques géographiques communes, ils ont pu acquérir une influence significative dans les négociations, ce qui aurait été impossible autrement.

Toutefois, les négociations sur l’environnement sont loin de prendre place dans un cadre exclusivement multilatéral : elles font également l’objet de très nombreuses négociations bilatérales ou régionales, qui peuvent régulièrement générer des tensions diplomatiques. Par exemple, plus de 60 % des réserves d’eau mondiales (soit 263 bassins) sont partagées par deux pays ou plus. De récentes recherches ont montré que la raréfaction des ressources en eau avait plutôt tendance à renforcer la coopération entre les pays qui se les partageaient (Kallis et Zografos 2014). Mais elle peut aussi être source de tensions : outre les cas bien connus des tensions entre le Kazakhstan et l’Ouzbékistan relatives à l’assèchement de la mer d’Aral ou entre la Palestine et Israël à propos du partage des eaux du Jourdain, il est impossible aujourd’hui de comprendre les relations entre l’Inde et le Bangladesh en faisant abstraction des questions d’environnement. Partage des eaux des grands fleuves d’Asie du Sud-Est, gestion des barrages ou flux migratoires liés aux catastrophes naturelles sont autant de sujets de tension entre les deux pays, qui seront bientôt séparés par une barrière de sécurité que l’Inde a commencé à construire sur sa frontière avec le Bangladesh.

Les questions d’environnement sont donc devenues un élément essentiel de la puissance diplomatique. Mais c’est sans doute l’économie qui constitue aujourd’hui le composant central de la puissance des Etats. Alors qu’économie et environnement sont si fréquemment opposés, les Etats les plus vertueux en matière d’environnement sont-ils freinés dans leur croissance économique ?

Depuis la révolution industrielle, de nombreux scientifiques estiment que nous sommes rentrés dans l’Anthropocène, un nouvel âge géologique dans lequel l’activité humaine est le facteur prédominant de transformation de la terre. C’est bien entendu le développement exponentiel de l’économie qui est le principal responsable de la crise environnementale actuelle, supplantant largement tous les autres facteurs naturels. Pour ne prendre que le cas du changement climatique, la corrélation a toujours été très forte entre la courbe de croissance de l’économie et celle des émissions de gaz à effet de serre. La croissance économique, qui reste l’objectif principal des politiques économiques de la plupart des gouvernements, mène donc également à la catastrophe écologique.

Plutôt que d’envisager la décroissance, comme le font certains aujourd’hui (e.g. Sinaï 2013), les organisations économiques internationales ont préféré promouvoir les concepts d’économie verte ou de croissance verte, qui permettraient de combiner une croissance économique soutenue avec des réductions significatives des émissions de gaz à effet de serre, qui seraient elles-mêmes génératrices d’emplois et de croissance. Certains pays comme l’Allemagne y sont arrivés : entre 1990 et 2009, ses émissions de CO2 ont baissé de 17,59 %, tandis que son produit intérieur brut par habitant augmentait en moyenne de 1,3 % par an sur la même période. A l’inverse, on constate que les pays européens qui sont aujourd’hui les plus durement touchés par la crise sont aussi parmi ceux dont les émissions de CO2 avaient connu la plus forte hausse entre 1990 et 2009, c’est-à-dire au cours des deux décennies précédant la crise : +23,15 % pour la Grèce, +47,17 % pour l’Espagne. En Europe, il semblerait donc que les pays qui ont le mieux résisté à la crise économique soient aussi ceux qui avaient davantage réduit leurs émissions de gaz à effet de serre, ce qui confirmerait la possibilité d’une croissance verte. Pour autant, ce constat européen semble difficilement transposable au reste du monde : dans les pays émergents, la croissance économique reste intimement liée à la croissance des émissions de gaz à effet de serre, et plus largement aux atteintes à l’environnement.

Ce lien mérite néanmoins d’être nuancé : la Chine a ainsi entrepris d’importants efforts de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre, considérant qu’il était plus rationnel de faire cet investissement aujourd’hui plutôt que de payer plus tard les effets du réchauffement global. Ce raisonnement est possible à l’échelle d’un pays comme la Chine, qui est à la fois l’un des principaux responsables du changement climatique, mais aussi l’une de ses principales victimes. Mais le déséquilibre des émissions de gaz à effet de serre et des impacts du changement climatique rend toutefois difficile l’extrapolation d’un tel raisonnement au niveau mondial. On touche ici au problème distributif qui est au cœur de l’injustice du changement climatique : les pays qui seront les premiers et les plus touchés sont également ceux qui sont les moins responsables du problème.

Conclusion

Il n’est plus possible aujourd’hui de comprendre les problèmes environnementaux sans tenir compte de leur dimension intrinsèquement politique. D’une part, les crises environnementales mettent gravement en péril la stabilité et la sécurité des Etats qu’elles touchent, et ont même précipité la disparition de certaines civilisations dans le passé. Par ailleurs, le développement spectaculaire de la diplomatie environnementale ces dernières années a placé les sujets environnementaux au premier plan des relations internationales. La crise environnementale a aujourd’hui atteint une ampleur sans précédent et une dimension globale : elle affectera, à des degrés divers, l’ensemble des pays. Le développement durable semble donc devoir s’imposer comme la condition d’une puissance soutenable, et les problèmes environnementaux agissent souvent comme des révélateurs d’inégalités de puissance(s).

Pour autant, environnement et puissance continuent à entretenir une relation ambiguë dès lors qu’on s’aventure sur le terrain de la puissance économique. Dans une logique de court terme, la puissance économique semble antinomique du développement durable. A plus long terme, pourtant, la conception classique de la puissance économique, exprimée par des indicateurs comme le produit intérieur brut ou la croissance, contient en elle-même la mort annoncée de cette puissance.

Pour être soutenable, la puissance doit nécessairement être partagée. Les problèmes environnementaux sont en effet avant tout des problèmes distributifs, qui trouvent leurs racines dans une répartition inégale des ressources, des bénéfices et des impacts. Dans sa conception actuelle, la notion même de puissance suppose un rapport de domination, d’inégalité. Tant que ces rapports perdureront, la crise environnementale ne pourra être endiguée et constituera une menace pour la puissance. A l’heure de l’Anthropocène, la crise environnementale impose aujourd’hui de repenser le concept même de puissance, qui devra être, demain, collective et partagée.

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