Brésil : politique étrangère, puissance et quête d’autonomie

Par Carlos MILANI
Comment citer cet article
Carlos MILANI, "Brésil : politique étrangère, puissance et quête d’autonomie", CERISCOPE Puissance, 2013, [en ligne], consulté le 17/06/2019, URL : http://ceriscope.sciences-po.fr/puissance/content/part4/bresil-politique-etrangere-puissance-et-quete-d-autonomie

La PEB se déploie sur différentes échelles, tant au plan domestique qu’aux plans régional et mondial. Plus le Brésil augmente ses capacités nationales (matérielles et immatérielles), plus il tend à concevoir un projet politique de développement autonome, et donc à s’éloigner des positions nord-américaines. Cependant, les résultats de cet éloignement eu égard à d’autres régions et pays ne sont pas encore certains. Tout comme l’Inde, l’Afrique du Sud, la Turquie et le Mexique, le Brésil a des capacités matérielles (productives, technologiques, d’intégration régionale) qui le distinguent des autres pays en développement. Il a également un rôle et une identité dans le système international (un leadership politique et normatif) reconnus par d’autres pays du Sud. Dans ce contexte, la PEB doit défendre une diplomatie multilatéraliste qui ne soit pas une « diplomatie de connivence » (Badie 2011), chercher à valoriser des biens publics régionaux et élaborer des stratégies de développement communes en Afrique et en Amérique du Sud. Ceci présuppose, bien évidemment, un dialogue démocratique et institutionnel au niveau national entre les différents acteurs de la société brésilienne (entreprises, partis politiques, mouvements sociaux, organisations non gouvernementales et universités), dont les intérêts et les prises de position ne sont pas toujours convergents.