Puissance et impuissance des interventions extérieures

Par Pierre HASSNER
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Pierre HASSNER, "Puissance et impuissance des interventions extérieures", CERISCOPE Puissance, 2013, [en ligne], consulté le 12/12/2019, URL : http://ceriscope.sciences-po.fr/puissance/content/part1/puissance-et-impuissance-des-interventions-exterieures


Controverses théoriques

Cette contribution ne relève pas à proprement parler d’une analyse stratégique. A partir d’exemples récents, elle propose une réflexion qui s’insère dans le cadre d’une discussion plus générale de science politique sur la notion de puissance. Nous nous permettrons donc, avant d’examiner l’histoire et les leçons des guerres d’Algérie, du Vietnam, d’Irak, d’Afghanistan, voire, par allusion, de Libye et du Mali, de remonter aux discussions qui, vers la fin des années soixante, ont mis aux prises des théoriciens de différents bords (politistes, géopoliticiens ou stratèges) quant à la nature et aux transformations de la puissance internationale. Nous en avions rendu compte dans deux articles, « The Nation-state in the nuclear age » (1968) et « On ne badine pas avec la force » (1971). Kenneth Waltz, père du néoréalisme, cherchant à démontrer la stabilité du monde bipolaire, ironisait sur l’idée que la guérilla puisse modifier l’équilibre international : elle ne pourrait avoir cet effet, écrivait-il, que si elle se déroulait au sein de l’un des deux Grands (Waltz 1967). Dire que leur échec à imposer leur volonté à tel ou tel pays signifiait qu’ils étaient moins puissants équivalait à dire qu’un marteau-piqueur était moins puissant qu’une roulette de dentiste parce qu’il ne pouvait servir à soigner une dent. Un autre maître de la science politique, Karl Deutsch, avait répliqué que la puissance dépendait des objectifs poursuivis, et que le pouvoir de mettre un homme KO ne vous donnait pas celui de lui apprendre le piano. Le pouvoir de détruire n’entraînait pas celui de construire ou de convaincre. Nous avions proposé l’idée, en commentant cette discussion, que le problème était celui du taux de change, ou de la déperdition d’énergie, entre les différentes formes de puissance.

Économiste et théoricien du conflit, Thomas Schelling a cherché à montrer, dans son livre Arms and Influence (1966), que la force ne servait pas seulement à dissuader ou à détruire, mais aussi à contraindre par la menace ou les sanctions. Il pensait alors aux bombardements américains du Vietnam. Karl Deutsch, encore lui, répondait qu’il s’agissait d’une psychologie sommaire fondée sur un calcul utilitariste du plaisir et de la douleur qui négligeait les réactions identitaires d’honneur ou de vengeance : celles-ci pouvaient entraîner, au contraire, un durcissement chez celui auquel on s’attaquait (Deutsch 1966). Dans The Limits of Coercive Diplomacy(1994), Alexander George dressait la liste des conditions, rarement remplies simultanément, nécessaires au succès de cette « diplomatie coercitive ». Schelling lui-même devait faire amende honorable en reconnaissant que l’on ne pouvait contraindre un peuple de la même manière qu’un individu, et qu’à cet égard, les bombardements du Vietnam avaient finalement porté un plus grand préjudice au pays qui s’y livrait qu’à celui qui les subissait. Du coup, il ne comprenait pas que l’URSS ait pu se livrer à « un acte aussi irrationnel » que celui de l’invasion de la Tchécoslovaquie en 1968. Il négligeait par là, une fois de plus, les caractères spécifiques de la puissance intervenante et du pays occupé, le régime politique de l’un, la culture politique et la configuration géographique de l’autre.

Enfin, Albert Wohlstetter, le plus influent des stratèges américains, s’efforçait de démontrer, dans un article intitulé « Illusions of distance »(1968), que les Etats-Unis étaient plus proches du Vietnam que la Chine. Stratégiquement, expliquait-il, la distance se définit par le temps et le coût du déplacement. Or les Etats-Unis avaient beaucoup moins de difficulté à parcourir les milliers de kilomètres qui les séparaient du Vietnam que les transporteurs d’armes et de riz de la piste Ho Chi Minh.

Il était facile de lui répliquer que, s’il avait raison contre les partisans de zones d’influence nettement délimitées du point de vue géographique, il ne comprenait pas que le voisinage était fait d’histoire et de psychologie autant que de géographie, et que même dans l’inimitié réciproque, voire l’alliance avec une puissance lointaine contre le voisin, la Chine et le Vietnam étaient moins distants l’un de l’autre que des Etats-Unis.

Avant et après ces débats, Raymond Aron, dans deux chapitres définitifs, l’un intitulé « Gagner ou ne pas perdre » (Aron 1962), l’autre « La guerre est un caméléon » (Aron 1978), rappelait le primat de la politique et des passions, nationales ou révolutionnaires (il aurait pu ajouter religieuses), qui créait une asymétrie décisive entre l’occupant et l’insurgé, même si le premier essayait de prendre modèle sur les tactiques du second.

Evolutions et révolutions stratégiques

Le piège américain

La tradition américaine est loin de ces subtilités et de ces prises de distance à l’égard de soi-même. Sur le plan politique, Stanley Hoffmann remarquait dès 1968 que le défaut des Américains était de ne pas être conscients de leur propre nationalisme et de ne pas comprendre celui des autres. La tradition américaine classique était celle de la guerre totale et massive, celle du bien contre le mal, fondée sur une grande supériorité matérielle ou technique et ne lésinant pas sur les moyens pour écraser l’adversaire (« war is hell », disait le général Sherman).

Cependant, l’existence des armes nucléaires rendait évidents les dangers de l’escalade et légitimait l’idée de guerre limitée, théorisée par des auteurs comme Robert Osgood (1957) et Henry Kissinger (1957). Surtout, la prudence du président Truman renvoyant le général Mac Arthur (qui voulait envahir la Corée du Nord, voire la Chine, et envisageait l’emploi de la bombe atomique bien que tirant rétrospectivement de la guerre de Corée la conclusion « Plus jamais d’intervention terrestre sur le continent asiatique »), et celle du président Eisenhower refusant les conseils de son secrétaire d’Etat, John Foster Dulles et de son chef d’état-major, l’amiral Radford, d’employer la bombe atomique pour secourir les Français à Diên Biên Phu et estimant qu’il fallait « être fou pour employer pour la deuxième fois la bombe atomique contre un peuple asiatique », introduisaient une modération nouvelle dans la stratégie américaine.

Celle-ci n’en continuait pas moins à compter sur la supériorité économique et technique pour forcer un ennemi insaisissable à se transformer en adversaire symétrique, et par là plus vulnérable. Effectivement, l’offensive du Têt en 1968 ne fut pas un succès militaire pour les Nord-Vietnamiens mais elle n’en constitua pas moins une défaite décisive pour les Etats-Unis sur le plan politique : devant ses écrans de télévision, le peuple américain vivait en direct les pertes subies par ses fils. Il ne fut plus jamais question d’envoyer le contingent dans des expéditions lointaines, ni de mettre les Etats-Unis tout entier, y compris leur économie, sur un pied de guerre, ce qui privait la stratégie suivie de ses chances de succès.

Dès la guerre du Vietnam, cependant, deux stratégies s’affrontaient, que l’on retrouvera dans toutes les aventures du même genre, américaines ou européennes : « Search and destroy » (rebaptisée « stratégie anti-terroriste » en Irak et en Afghanistan) et « Winning hearts and minds » (« stratégie anti-insurrectionnelle »). Après la défaite du Vietnam, où même l’ambition relativement modeste de Kissinger, à savoir ménager « un intervalle décent » entre le départ des Américains et l’occupation de Saigon par les Nord-Vietnamiens, fut cruellement déçue, une période de retrait et de prudence s’instaura avec les doctrines Weinberger et Powell, hostiles à l’engagement de troupes au sol, exigeant des buts clairs, une supériorité incontestable face à des adversaires comme le Panama et la Grenade et une « stratégie de sortie » comme condition, et méfiants envers le « mission creep », l’extension involontaire de la mission. Le général Powell raconte qu’il crut avoir un anévrisme quand, chef d’état-major des armées, il entendit Madame Albright, secrétaire d’Etat et ardente avocate d’une intervention en Yougoslavie, proclamer : « A quoi bon avoir cette belle armée si on ne s’en sert pas ? » (Powell 1996). Il venait pourtant d’assurer la conduite militaire de la guerre du Golfe qui avait abouti à la défaite de Saddam Hussein sans aucune perte du côté du corps expéditionnaire, grâce aux erreurs stratégiques du premier et à la mise en œuvre de la « révolution dans les affaires militaires » qui a permis aux Américains de s’assurer la maîtrise de l’air et d’aveugler ou de paralyser l’adversaire en mettant à profit les progrès de la précision et du contrôle.

Le 11 septembre 2001 bouleversa la donne. D’une part, l’administration Bush bénéficia du choc subi par le peuple américain et de sa volonté de réaction pour construire l’image d’un ennemi universel et distant, « la terreur », dont la poursuite exigeait une entreprise impériale non moins universelle. D’autre part, sur le plan militaire, la stratégie du « shock and awe » théorisée en 1996 et mise en œuvre lors de l’invasion de l’Irak en 2003 consistait à commencer par frapper très fort pour s’assurer rapidement la conquête d’un pays, malgré un nombre réduit de troupes, avant de se retirer en le laissant aux mains d’une population libérée et reconnaissante.

C’était, une fois de plus, faire abstraction des facteurs comme le nationalisme ou la religion chez des peuples qui, sans doute heureux en majorité d’être débarrassés de leurs dictateurs, ne s’identifiaient pas pour autant à leurs libérateurs-occupants et étaient divisés par toutes sortes de rivalités internes. Les insurrections et les guerres civiles succédant à la dictature et à la guerre prirent par surprise des forces d’occupation ignorant la distance culturelle et historique qui les séparait des populations locales mais obligées de prolonger leur présence, de prendre en main le pays et de devenir impopulaires, si elles ne l’étaient déjà. C’était « le piège américain » décrit par le général Desportes(2011), caractérisé avant tout par une confiance excessive dans la force et la technique et par une incompréhension des réactions et des peurs des peuples libérés. Le livre du général anglais Rupert Smith (2005) et le précédent livre du général Desportes (2005) expliquaient pourtant clairement ce que les Américains n’avaient pas compris, à savoir que la « guerre industrielle » cédait la place à la « guerre au milieu des peuples » qui consistait plus à convaincre, à rassurer et à protéger ces derniers qu’à détruire l’adversaire.

Le piège français

Curieusement, ces idées firent leur chemin dans l’armée américaine par le biais de formulations plus simples, plus extrêmes, plus contestables mais similaires en substance, procédant de l’expérience et des théories des colonels français engagés dans la lutte anti-insurrectionnelle.

C’est en 1976 que le général Petraeus, futur commandant en Irak et en Afghanistan, découvrit la personne du général Bigeard et l’œuvre romanesque de Jean Lartéguy, Les Centurions(1960). Dans les années quatre-vingt, son enthousiasme se porta sur l’œuvre d’un colonel français émigré aux Etats-Unis, David Galula, qu’il voit comme le Clausewitz de la contre-insurrection et le principal stratège français du XXe siècle. Le livre de Galula, Contre-insurrection. Théorie et pratique (1963), est la source principale du manuel que Petraeus lui-même dirigea en 2006 (Field Manual 3-24). Selon ce dernier :

Sa principale intuition est que, contrairement à la guerre conventionnelle au cours de laquelle le principal enjeu est la puissance respective des adversaires, toutes les actions de la contre-insurrection doivent avoir pour but la protection de la population indigène […] Les opérations militaires ne doivent constituer que 20 % du combat de contre-insurrection, le reste étant consacré à la politique. » (Petraeus 2008)

Petraeus appliqua ces principes localement, dans la région de Mossoul, avec un succès notable. Le courant des « insurgés » (Kaplan 2013) cherchant à renverser les priorités de la stratégie américaine fut brièvement vainqueur dans la lutte opposant les différents services américains et leurs doctrines respectives, au point que le chef d’état-major des armées, l’amiral Mullen considérait que la préparation et l’appui aérien des attaques terrestres étaient souvent contre-productifs. Il suscitait ainsi les protestations de l’Air Force.

Cette victoire de la stratégie contre-insurrectionnelle semble cependant avoir été de courte durée, en Afghanistan comme en Irak. Déjà, le modèle de la guerre d’Algérie n’était qu’à moitié encourageant. On peut plaider que militairement la France a gagné la guerre, mais elle l’a certainement perdue politiquement, à la fois parce que les moyens employés conduisaient souvent à une surenchère de menaces et de terreur autant que de séduction ou de protection, et parce que l’opinion de la métropole se retournait contre la guerre. A plus forte raison en Afghanistan et en Irak, où la proportion de troupes expéditionnaires par rapport au territoire et aux adversaires était (comme d’ailleurs la distance culturelle) beaucoup moins favorable à la coalition occidentale qu’à la France en Algérie, et où la volonté d’Obama, comme d’ailleurs de l’opinion américaine, était de trouver une stratégie de sortie plutôt que de victoire. Les doutes de Raymond Aron sur la possibilité de renverser le cours des choses de ce genre de guerre, en adoptant les méthodes de l’insurrection, étaient confirmés dans la mesure où la symétrie éventuelle des tactiques et des instruments se heurtait à la dissymétrie des passions, des mentalités et des objectifs politiques.   

Le piège israélien

Le désir d’en finir, comme il l’avait promis, avec les guerres expéditionnaires d’Irak et d’Afghanistan, et de ne pas se laisser entraîner par la France et/ou le Royaume-Uni, dans de nouvelles aventures terrestres en Libye, au Mali ou en Syrie, amena dès lors le président Obama à revenir à la stratégie du « search and destroy », anti-terroriste plutôt qu’anti-insurrectionnelle. Il le fit cependant en mettant beaucoup plus à profit que son prédécesseur la nouvelle technique des drones ou engins téléguidés permettant de repérer et de frapper sans risque des cibles individuelles à des milliers de kilomètres. Il put ainsi démanteler la direction d’Al Qaida au Pakistan comme en Afghanistan et au Yemen, tuer un prêcheur de guerre sainte anti-américain mais citoyen des Etats-Unis au Yemen (ainsi, incidemment, que son fils de dix-huit ans, le lendemain, à la suite d’une erreur) mais en alimentant le recrutement des terroristes et le désir de vengeance des populations.

Constatant les similitudes avec la méthode israélienne des attentats ciblés, un ancien diplomate a pu parler d’« israélisation de la stratégie américaine ». Cette ressemblance se retrouve dans les résultats à la fois efficaces techniquement mais majoritairement contre-productifs politiquement et contestables moralement et juridiquement. Certes, l’action des drones est à tout point de vue préférable aux bombardements de masse ou de zone ou aux représailles visant les maisons ou les familles des adversaires. Mais elle ne dispense pas de l’action au sol avec ses promesses et ses dangers politiques – comme Israël en a fait l’expérience en 2006, lors de son attaque contre le Liban, lorsque le Hezbollah a pu se prévaloir de manière crédible d’une victoire. Et elle ne neutralise pas l’arme suprême de l’adversaire, l’attentat-suicide (Johnson 2011 ; de Durand 2013).

C’est pourtant dans cette direction que semble s’orienter actuellement la stratégie américaine, sous le signe du primat de la collaboration aéronavale (Air-Sea Battle). D’autres pays occidentaux sont tentés de la suivre dans cette voie.

Il y a ainsi des guerres asymétriques, avec un camp privilégiant l’action à distance grâce à la précision et à la minimisation du risque, et l’autre, au contraire, la mêlée la plus inextricable permettant les attentats-suicides et leurs effets tantôt précis (comme les assassinats du commandant Massoud ou du président Sadate), tantôt diffus (attentats indiscriminés).

La dissymétrie peut d’ailleurs se réduire progressivement, non par la conversion des grandes puissances aux attentats-suicides mais grâce à l’acquisition et à l’emploi des drones et d’autres armes moins onéreuses (comme l’improvised explosive device ou la voiture piégée) ou, un jour, d’armes de destruction ou de désorganisation massive (comme l’attaque cybernétique par des Etats moins développés ou des groupes terroristes). La double révolution des moyens de communication et des moyens de destruction tendant à devenir moins coûteux et plus répandus permet d’envisager l’un ou l’autre type de guerre, soit l’échange de la mort ou de la désorganisation à distance, soit la mêlée violente et réciproquement destructrice par l’interpénétration, ou encore une combinaison des deux.

En tout état de cause, pour l’intervention militaire, même justifiée ou inévitable, « l’impuissance de la victoire » dont parle Hegel à propos de Napoléon en Espagne, où les passions nationales et religieuses eurent, selon lui, raison du plus grand conquérant de tous les temps (Hegel 1979), reste probable.

Il y a néanmoins un aspect de la réalité que nous n’avons pas traité ni mentionné jusqu’ici. C’est la possibilité, pour des Etats non libéraux, non soumis à une opinion publique (qui, assez rapidement, préfère la recherche de la richesse à celle des conquêtes) mais pourvus d’une forte population et, de préférence, d’une continuité territoriale avec les pays envahis, de réussir dans la voie traditionnelle de la conquête et de l’occupation, voire des transferts de population. Une occupation impitoyable peut détruire un pays et le reconstruire (la Tchétchénie) ou remplacer progressivement sa population autochtone par l’immigration. Du sort des Peaux-rouges à celui des Tibétains, des exemples anciens peuvent se maintenir ou se reproduire aujourd’hui. L’actuelle politique israélienne, russe ou chinoise semble en témoigner. Mais une chose est certaine : ce type de conquête ne saurait, aujourd’hui, apporter une véritable paix et affecterait certainement la liberté et la tranquillité du peuple dominant. De la Palestine au Tibet en passant par le Caucase, les « blessures de l’histoire » dont parle Hegel laissent plus de cicatrices, voire d’abcès purulents que jamais.

On ne peut que conclure par les paroles de Rousseau : « Le plus fort n’est jamais assez fort, pour rester toujours le maître, s’il ne transforme la force en droit et l’obéissance en devoir » (Rousseau) et par celles de Marx : « Un peuple qui en opprime un autre ne saurait être libre ».

Références

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