La pauvreté post-industrielle au Royaume-Uni

Par Corinne NATIVEL
Comment citer cet article
Corinne NATIVEL, "La pauvreté post-industrielle au Royaume-Uni", CERISCOPE Pauvreté, 2012, [en ligne], consulté le 26/09/2018, URL : http://ceriscope.sciences-po.fr/pauvrete/content/part5/la-pauvrete-post-industrielle-au-royaume-uni

Un certain nombre d’organisations humanitaires développent des actions de communication et de lobbying dans le domaine de la lutte contre la pauvreté. Par exemple, la UK Coalition Against Poverty et le Child Poverty Action Group (CPAG) influent considérablement sur l’opinion et les pouvoirs publics.  

Cependant, il ne faut pas sous-estimer l’impact des groupes œuvrant à l’échelle locale pour faire reconnaître les droits des laissés-pour-compte. A titre d’exemple, les quartiers de l’Est londonien sont particulièrement actifs avec notamment, la London Coalition Against Poverty (LCAP) ou la campagne pour un salaire minimum vital (London Living Wage Campaign) menée par l’association London Citizens qui célébrait ses dix ans d’existence en mai 2011. Cette dernière a  permis l’application d’un tarif horaire minimum (établi à 8,30 £ en 2011) dans les emplois faiblement rémunérés tels que les services de nettoyage ou dans l’hôtellerie-restauration. Selon ses estimations, 10 000 travailleurs ont bénéficié de ce salaire « vital », ce qui représente un montant total de 70 millions de livres sterling. Le succès de la campagne est tel que l’association rebaptisée Citizens UK opère dorénavant à l’échelle nationale.

Fin 2010, l’introduction du plan d’austérité gouvernemental a suscité un « réveil » des mouvements contestataires dans un pays réputé pour la quasi-absence de conflits sociaux. La contestation a d’abord émané des étudiants, inquiets face à la perspective de l’endettement qu’entraînera le triplement des frais d’inscription universitaires ainsi qu’à la suppression de l’EMA (Education Maintenance Allowance), modeste et néanmoins utile allocation hebdomadaire allant de 10 à 30 livres qui était versée aux 16-19 ans de milieux défavorisés afin de les encourager à rester scolarisés. En août 2011, Sue Rabbitt Roff de l’université de Dundee, suggérait dans le très sérieux British Medical Journal d’encourager les étudiants les plus pauvres à faire des dons d’organes en échange d’un montant de 28 000 £ pour couvrir leurs frais universitaires, ce qui a provoqué un tollé.

D’autres mouvements utilisant le registre de l’action directe (rassemblements, flash mobs, sit-ins, etc.) se sont étendus à de nombreuses villes. C’est le cas de UK Uncut dont l’objectif est d’obtenir des réformes contre l’évasion fiscale tandis que la Coalition of Resistance coordonne un ensemble d’organisations syndicales, politiques et associatives pour lutter contre la réforme des retraites et contre les coupes budgétaires dans les services publics.