Pauvreté et politique sociale sous la présidence Obama : vers une tentative d'évaluation

Par Taoufik DJEBALI
Comment citer cet article
Taoufik DJEBALI, "Pauvreté et politique sociale sous la présidence Obama : vers une tentative d'évaluation", CERISCOPE Pauvreté, 2012, [en ligne], consulté le 24/04/2014, URL : http://ceriscope.sciences-po.fr/pauvrete/content/part4/pauvrete-et-politique-sociale-sous-la-presidence-obama-vers-une-tentative-devaluation

L'administration Obama ne cesse de multiplier les initiatives et les mesures en matière sociale et économique : un plan de relance (ARRA) mis en place pour pallier le déficit du secteur privé, des assouplissements des programmes TANF et du programme Food Stamps, un programme d'aide aux étudiants (Student Loan), une réforme du système de santé, etc. Bref, la liste est longue. La multiplication des programmes en fonction de la conjoncture semble cependant néfaste et contre-productive. En l'absence d'une politique sociale qui cible la pauvreté, le nombre d'Américains se trouvant au-dessous du seuil de pauvreté ainsi que vivant en situation de grande pauvreté (au-dessous de 50 % du seuil) ne cesse de s'accroître.

Rappelons par ailleurs que les pauvres ont disparu du débat politique depuis la réforme de l'aide sociale (Personal Responsibility and Work Opportunity Reconciliation Act) de 1996. Toute focalisation sur cette population s'avère politiquement contre-productive. Obama, « otage » d'un Congrès à majorité conservatrice et lui-même animé par le désir de se faire réélire, se garde bien de mener un combat de front contre la pauvreté. La plupart des programmes mis en place s'adressent aux classes moyennes fragilisées par la crise. D'ailleurs, à l'heure où le nombre de pauvres atteint des records, le président propose un plan supplémentaire pour soutenir le travail. Faute de majorité au Congrès, ce projet coûteux (450 milliards de dollars) a peu de chance d'aboutir. La démarche relève plus d'un calcul politique et un souci électoral qu'elel n'est une tentative de lutter contre le chômage et la pauvreté. A force de vouloir plaire au pàlus grand nombre et de ne pas vouloir apparaitre comme le « président des pauvres et des minorités », la politique sociale d'Obama paraît bien timorée au vu de celle appliquée par ses prédécesseurs.