La pauvreté dans les villes chinoises : le cas des migrants

Par Alice EKMAN
Comment citer cet article
Alice EKMAN, "La pauvreté dans les villes chinoises : le cas des migrants", CERISCOPE Pauvreté, 2012, [en ligne], consulté le 07/12/2019, URL : http://ceriscope.sciences-po.fr/pauvrete/content/part2/la-pauvrete-dans-les-villes-chinoises-le-cas-des-migrants

Les différences de revenu et de niveau de vie existent dans toutes les sociétés, qu’elles soient développées ou en développement. Mais le cas chinois est particulièrement marquant pour deux raisons : l’ampleur du décalage et le nombre de personnes concernées. Les migrants ne sont pas des marginaux, ils ne représentent pas non plus une minorité au sein des villes. Ils constituent une part significative de la population active et vivent différemment du reste de la population urbaine. Avec eux, émerge une nouvelle catégorie sociale qui n’existe nulle part ailleurs dans le monde, résultat d’un exode rural massif dans le pays le plus peuplé. La population urbaine chinoise est actuellement très hétérogène, presque autant que la population du pays dans son ensemble. A ce jour, les écarts de revenu et les décalages qui en découlent sont visibles à deux niveaux : entre la campagne et les villes et au sein même des villes. Avec l’accroissement du nombre des ouvriers migrants en ville et le maintien du système du hukou, les décalages de niveau et de mode de vie au sein même des populations urbaines se sont progressivement creusés et ajoutés au fossé déjà existant entre villes et campagnes. Réduire ces décalages représente un défi de taille pour le gouvernement, alors que le nombre de migrants continuera d’augmenter au cours des trente prochaines années avec l’urbanisation massive du pays. Le relever est indispensable, car la cohésion de la société chinoise et le développement de la consommation intérieure en dépendent.