Réalité multiscalaire et articulations multiniveaux dans la gouvernance environnementale globale

Par Daniel COMPAGNON
Comment citer cet article
Daniel COMPAGNON, "Réalité multiscalaire et articulations multiniveaux dans la gouvernance environnementale globale", CERISCOPE Environnement, 2014, [en ligne], consulté le 26/09/2017, URL : http://ceriscope.sciences-po.fr/environnement/content/part1/realite-multiscalaire-et-articulations-multiniveaux-dans-la-gouvernance-environnementale-glo

L’enjeu de l’analyse scalaire est à la fois épistémologique, méthodologique et politique. Concevoir la plupart des problèmes environnementaux comme multiscalaires et transcalaires permet d’abord de  mieux en percevoir la complexité. Compte tenu par exemple des répercussions multiples et transversales à plusieurs secteurs socioéconomiques, aux autres échelons de l’échelle spatiale et sociopolitique, d’un accord international réellement contraignant de réduction des émissions de GES, il n’est guère surprenant qu’un tel traité soit si difficile à négocier. De ce fait, l’approche classique de la négociation multilatérale n’est peut-être pas la plus fructueuse à cet égard.

Les glissements d’échelle ne sont jamais des stratégies politiquement neutres. De même, les conditions politiques dans lesquelles s’établissent des dispositifs multiniveaux de gouvernance déterminent leur capacité relative à surmonter les effets d’échelle. Une compréhension plus fine de la politique dans les échelles de la gouvernance environnementale demeure nécessaire.

Produire des politiques publiques environnementales en prenant en compte les effets que celles-ci engendrent aux autres échelons est bien une nécessité. Mais l’interdépendance scalaire offre également des opportunités de surmonter les blocages par de nouvelles alliances objectives entre acteurs placés à des niveaux différents et/ou dans des échelles distinctes. La capacité accrue des ONG environnementales à intervenir sur la scène régionale (par exemple l’UE) ou la scène globale, en s’associant si nécessaire à des organisations internationales, à d’autres Etats ou encore à des firmes transnationales, pour mieux combattre les obstacles rencontrés au plan local ou national en fournit l’illustration. L’intégration inter et transcalaire de la gouvernance environnementale ne peut que s’accroître, dans un monde caractérisé par ce que d’aucuns ont appelé la « glocalisation ».