L’Anthropocène et ses victimes. Une réflexion terminologique

Par François GEMENNE
Comment citer cet article
François GEMENNE, "L’Anthropocène et ses victimes. Une réflexion terminologique", CERISCOPE Environnement, 2014, [en ligne], consulté le 21/11/2017, URL : http://ceriscope.sciences-po.fr/environnement/content/anthropocene-et-ses-victimes-une-reflexion-terminologique


La politique à l’ère de l’Anthropocène

De nombreux géologues estiment que nous sommes entrés dans une nouvelle époque géologique : l’Anthropocène. Selon eux, cette époque se caractérise par l’impact majeur de l’homme sur le système terrestre, y compris climatique : les humains sont devenus la principale force de changement de la planète, surpassant les forces géophysiques. En d’autres termes, l’Anthropocène peut être décrit comme l’âge des humains. Dans son acception traditionnelle, l’Anthropocène marque une rupture dans la relation qui unit les hommes à la Terre, qui oblige à penser une nouvelle géopolitique – les politiques de la Terre (voir prochainement à ce sujet la contribution de Bruno Latour). En ce sens, cette nouvelle ère géologique a largement dépassé le champ de la géologie pour entrer dans celui des sciences sociales.

Mais il est aussi possible de voir l’Anthropocène comme une tentative de dépolitisation des sujets qu’il concerne, et des phénomènes qui les affectent, comme si tous étaient embarqués dans le même bateau. En réalité, plutôt que l’âge des humains, l’Anthropocène serait mieux décrit comme une « oliganthropocène », l’âge de quelques hommes (et d’encore moins de femmes), pour reprendre une expression d’Eryk Swyngedouw (2014). Si ces hommes sont en effet devenus les principaux acteurs des transformations de la Terre, la majorité des humains sont aussi devenus les victimes de ces transformations, plutôt que leurs agents.

En 2013, les catastrophes naturelles ont forcé 22 millions de personnes à quitter leur lieu de résidence habituel (Yenotani 2014). Un nombre qui dépasse celui des réfugiés « politiques » – dans l’acception juridique du terme : des personnes forcées de quitter leur domicile à cause de violences et de persécutions (16,7 millions à ce jour, selon le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés [HCR]) – et qui n’inclut pas les personnes déplacées en raison des effets négatifs plus progressifs du changement climatique, dont le nombre est aujourd’hui impossible à établir. Les changements environnementaux sont devenus un des principaux facteurs, sinon le principal facteur, des migrations et des déplacements de populations sur cette planète. Et lorsque nous parlons de l’Anthropocène comme d’une époque dans laquelle les humains sont devenus les principaux facteurs de changements sur Terre, nous oublions souvent que la plupart d’entre eux sont en fait les victimes de ces changements, qu’ils subissent de plein fouet.

Les déplacés de l’environnement

Les changements environnementaux ont toujours été des facteurs essentiels de migration : depuis les temps préhistoriques, la distribution géographique de la population sur Terre est largement déterminée par l’environnement. C’est ce qui explique, par exemple, la colonisation de l’Europe il y a quelque 40 000 ans, ou l’installation de tant de gens le long des côtes et dans des deltas (Beniston 2004). A travers l’Histoire, nombreux sont les déplacements associés à des changements environnementaux et des catastrophes : le tremblement de terre de Lisbonne de 1755 détruisit l’ensemble de la ville et provoqua un exode massif de la population dans les campagnes, avant qu’une partie des déplacés ne puissent finalement y revenir (Dynes 1997). La migration du Dust Bowl, qui toucha le centre des Etats-Unis dans les années 1930, en est un autre exemple : face à ces tempêtes de poussières dévastatrices causées par la sécheresse et l’érosion des sols, des milliers de fermiers du Texas, de l’Arkansas et de l’Oklahoma n’eurent alors d’autres choix que de vendre leurs terres et de migrer en Californie.

De nos jours, les dégradations de l’environnement engendrent des mouvements de populations de plus en plus importants, et le changement climatique en particulier donne un autre relief à ces migrations. On distingue généralement trois types d’impacts du changement climatique susceptibles de provoquer des mouvements migratoires conséquents : la hausse du niveau des mers, la baisse des précipitations et la dégradation des sols, et enfin les événements climatiques extrêmes, comme les ouragans ou les inondations. Les flux migratoires qui en découlent sont de nature différente, et appellent donc des réponses différentes.

Sous la même appellation de « migrations environnementales », on trouve en réalité des types de mobilité profondément différents. Qu’ont en commun, en effet, des retraités américains à la recherche du soleil en Floride, et ceux que l’ouragan Katrina a forcé à refaire leur vie du côté de Fort Lauderdale ou d’Orlando ? Pas grand-chose sans doute, sinon le fait d’avoir migré en Floride pour des raisons environnementales. Ces deux migrations rentrent pourtant toutes deux dans le vaste cadre des « migrations environnementales ». Certaines de ces migrations sont des évacuations brutales, de courte ou de longue durée, provoquées par des catastrophes naturelles ; d’autres sont des mouvements planifiés de longue date, permanents ou temporaires, liés à des dégradations plus progressives de leur environnement, comme par exemple l’érosion côtière. Sous un même vocable sont dont regroupées des migrations qui n’ont pas grand-chose à voir l’une avec l’autre, et qui sont désignées par une pléiade de termes différents. Généralement, on considérera qu’un déplacement est un mouvement forcé, tandis qu’une migration aura un côté plus volontaire, pour autant que cette distinction entre mouvements forcés et volontaires ait un sens. L’un comme l’autre pourra être permanent ou temporaire, interne ou international. Le concept de « migrations environnementales » renvoie donc à un vaste éventail de comportements migratoires, mais aussi de changements environnementaux. Dans la presse et les débats publics, ces migrants sont généralement désignés comme des « réfugiés environnementaux » ou des « réfugiés climatiques », même si le terme de « réfugié » est aujourd’hui généralement rejeté par les chercheurs et les organisations internationales parce qu’il ne correspond ici à aucune réalité juridique.

Au cours des dernières années, les changements environnementaux sont en effet devenus l’un des principaux facteurs de migrations dans le monde. Entre 2008 et 2012, plus de 140 millions de personnes ont été déplacées à la suite d’une catastrophe naturelle (Yenotani 2014), et ce chiffre n’inclut pas celles qui ont migré en raison de dégradations plus lentes de l’environnement, comme la désertification et la hausse du niveau des mers. Ces mouvements échappent à tout comptage statistique, et leur nombre demeure dès lors inconnu.

Les recherches empiriques montrent que la plupart des mouvements migratoires se produisent sur de courtes distances, souvent à l’intérieur des frontières nationales (Foresight 2011). Bien que la plupart de ces migrations aient lieu dans des pays en développement, et particulièrement en Asie du Sud, en Asie du Sud-Est et en Afrique subsaharienne, les pays industrialisés peuvent également en faire l’expérience : l’ouragan Katrina, qui a frappé le sud des Etats-Unis en 2005, a entraîné l’évacuation de 1,2 millions de personnes en Louisiane et dans les Etats voisins, tandis que la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon en 2011 a provoqué le déplacement de 350 000 personnes.

Les migrations environnementales ne sont pas un simple phénomène conjoncturel mais sont aujourd’hui une composante essentielle des dynamiques migratoires dans le monde. Deux raisons, intrinsèquement liées, expliquent cela : d’une part, les impacts du changement climatique ont aggravé et démultiplié les dégradations de l’environnement, et par là les flux migratoires qu’elles engendraient ; d’autre part, et sans doute de ce fait, ces flux migratoires ont reçu une attention accrue de la part des chercheurs et des décideurs, qui a permis de réaliser l’importance croissante des facteurs environnementaux dans les dynamiques migratoires (Gemenne 2011a). Le changement climatique a non seulement accru l’amplitude des mouvements migratoires liés à l’environnement, mais a également posé la question de la responsabilité de ces mouvements.

Une révolution copernicienne

Pendant longtemps, les débats politiques n’ont fait que peu de cas des migrations environnementales : les déterminants des migrations étaient réduits à des facteurs économiques et politiques, tandis que les causes environnementales étaient largement ignorées, tant par les chercheurs que par les décideurs. Les migrants environnementaux n’existent pas en droit international, et aucune agence de l’ONU ou organisation internationale n’a reçu de mandat spécifique pour les protéger et les assister, bien que des organisations comme HCR ou l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) mènent de plus en plus régulièrement des missions pour assister les victimes de catastrophes naturelles ou de dégradations de l’environnement (Maertens 2012).

La migration liée aux dégradations de l’environnement en général, et aux impacts du changement climatique en particulier, est souvent perçue comme une décision de dernier ressort, que les migrants ne prendraient qu’après avoir pris acte de l’impossibilité de pouvoir s’adapter à leur environnement transformé et une fois épuisé toutes les autres options possibles. De très nombreux rapports et travaux sur les impacts du changement climatique répètent l’idée que les migrations environnementales doivent être évitées à tout prix, parce qu’elles représenteraient un échec tant des politiques d’atténuation que des politiques d’adaptation (voir par exemple Stern 2009). Au fil du temps, les « réfugiés climatiques » sont devenus les incarnations humaines du changement climatique, à la fois premiers témoins et premières victimes de ses impacts, qu’il s’agisse de la hausse du niveau des mers ou de la fonte du pergélisol. En particulier, les populations des petits Etats insulaires ont été décrites comme des « canaris dans la mine », supposées alerter le reste du monde quant aux dangers du changement climatique, tandis qu’elles-mêmes n’avaient d’autre choix que de migrer vers un autre pays (Farbotko 2010).

Beaucoup de chercheurs néanmoins, dont je fais partie, avaient alors pointé que cette caractérisation des migrants ne correspondait guère à la réalité, et que la migration était également, bien souvent, une ressource mobilisée par les migrants pour s’adapter aux changements de leur environnement (Rain 1999 ; Black et al. 2011, Gemenne 2013). Nous avions rappelé que les migrants ne devaient pas être perçus comme des individus sans ressources, des victimes expiatoires du changement climatique, mais plutôt comme des agents de leur propre adaptation. Nous avions mis en avant le fait que la migration pouvait en effet être une stratégie d’adaptation efficace : les migrants pouvaient ainsi diversifier leurs revenus, relâcher les pressions sur l’environnement dans leur région d’origine, envoyer des remises d’épargne, ou simplement se mettre eux-mêmes et leurs familles à l’abri. Ce point de vue a été rapidement partagé par de nombreuses institutions et organisations, et a été promu au sein des négociations internationales sur le climat : en 2010 par exemple, le Cadre de l’adaptation de Cancun, adopté lors de la seizième Conférence annuelle des parties, incluait des « mesures propres à favoriser la compréhension, la coordination et la coopération concernant les déplacements, les migrations et la réinstallation planifiées par suite des changements climatiques […] ».

Il s’agissait d’une révolution copernicienne : dans le contexte du changement climatique, la migration n’était plus une catastrophe à éviter à tout prix, mais une stratégie qu’il fallait encourager et faciliter. Peu à peu s’est imposée l’idée que les négociations internationales sur le climat constituaient le forum le plus approprié pour traiter cette question : il ne s’agissait plus d’une affaire de politiques migratoires, mais de politiques environnementales – une stratégie d’adaptation.

Quid de celles et ceux qui ont été forcés de fuir à la suite de perturbations de l’environnement, qui auraient voulu rester mais n’ont pas eu le choix ? Ces déplacements étaient désormais considérés comme des dommages collatéraux, qui pouvaient être traités via le mécanisme « Loss & Damage » mis en place dans le cadre des négociations internationales sur le climat (mécanisme formalisé lors de la conférence de Varsovie en 2013 qui vise à fournir une compensation financière pour les pertes et dommages liés aux impacts du changement climatique et qui ne pourront pas être évités grâce à des politiques d’adaptation). La migration liée au changement climatique a peu à peu cessé d’être un épouvantail pour devenir une stratégie que nous pouvions faciliter, gérer et encourager. Et c’est là une évolution que la communauté des chercheurs, et moi le premier, a souhaitée et promue.

Pourquoi nous avons trahi les migrants

Avec le recul, néanmoins, je suis forcé de réaliser qu’il y a quelque chose qui avait été oublié dans ce processus de « dé-victimisation » des migrants : sans peut-être nous en rendre compte, nous avions utilisé les changements environnementaux comme un cheval de Troie pour dépolitiser la migration. Dans notre quête perpétuelle à rendre nos recherches pertinentes pour les décideurs, nous avions laissé les politiques publiques prendre le dessus sur la politique ; la gouvernance prendre le dessus sur le gouvernement. La migration était devenue un instrument de politique environnementale, un processus dont toute violence avait disparu et qu’il était possible de contrôler, comme si les migrants étaient devenus de simples pions déplaçables sur l’échiquier des zones à risques. Plusieurs années auparavant, plusieurs chercheurs avaient pourtant mis en garde contre ce risque – ils n’ont pas été entendus (voir notamment Oliver-Smith 2005 ; Kibreab 1997).

En un mot, nous avions oublié ce que nous faisions aux victimes de l’Anthropocène. En voulant souligner la capacité d’action des migrants, nous avions oublié la responsabilité que nous avions envers eux. Parce que l’Anthropocène est avant tout une guerre – une guerre qui est menée contre les populations les plus vulnérables de cette planète. Nous, humains, sommes devenus les principaux agents de transformation de la Terre. Et cette transformation rend cette Terre de moins en moins habitable pour un nombre croissant de populations.

Une difficulté fondamentale de l’action collective contre le changement climatique tient au fait que ceux qui doivent entreprendre l’essentiel de l’effort pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre – les pays industrialisés, donc – sont aussi ceux qui seront comparativement les moins affectés par les impacts du réchauffement global. D’un point de vue rationnel et néolibéral, rien n’incite donc les nations industrialisées à agir : cyniquement, notre capacité d’action est oblitérée par nos intérêts immédiats.

Le changement climatique, en effet, s’ancre dans les inégalités entre les riches et les pauvres ; et la migration n’est qu’un catalyseur de ces inégalités. Les premiers modèles théoriques de la migration, comme ceux de Lee (1966), postulaient que la migration pouvait être une variable d’ajustement entre les inégalités. Or elle en est le symptôme, pas le remède.

Dépolitiser la migration

Dans les médias et les débats publics, les personnes déplacées en raison du changement climatique sont souvent appelés « réfugiés climatiques ». Comme signalé plus haut, les juristes et les organisations internationales, pourtant, ont rapidement réfuté le terme, qui n’avait aucune base légale (McAdam 2009). Techniquement, ils avaient raison : la Convention de Genève de 1951 définit une série de critères à remplir pour prétendre au statut de réfugié, critères qui n’étaient clairement pas remplis par les « réfugiés climatiques ». La plupart des chercheurs ont donc logiquement choisi de ne plus utiliser ce terme, au profit de dénominations plus cliniques comme « migrants induits par le changement climatique », ou « personnes déplacées dans le contexte du changement climatique ». C’est aussi le choix que j’ai fait, et je pense que j’ai eu tort. En rejetant le terme de « réfugié climatique », nous avons aussi dépolitisé la réalité de ces migrations. Un élément central dans le concept de « réfugié » est celui de persécution : celui qui prétend au statut de réfugié doit justifier d’une persécution, qu’il fuit ou qu’il craint. Et réfuter le terme de « réfugié climatique » revient aussi, en quelque sorte, à réfuter le fait que le changement climatique soit une forme de persécution à l’encontre des plus vulnérables. Cette idée avait déjà été développée par Conisbee et Simms en 2003, et il me semble qu’ils avaient parfaitement compris que les migrations liées au climat étaient une affaire très politique, et pas seulement une stratégie d’adaptation (Conisbee et Simms 2003).

De ce fait, et contrairement à ce que j’ai pu penser (et écrire) dans le passé, et malgré les obstacles juridiques, je pense qu’il est impératif que le terme de « réfugié climatique » soit à nouveau employé, parce qu’il affirme que ces migrations sont d’abord le résultat d’une persécution que nous infligeons aux plus vulnérables.

Garder la Terre habitable

En avril 2013, le Bangladesh a été touché par la tragédie du Rana Plaza, l’effondrement d’un atelier de confection de vêtements qui a entraîné la mort de plus de mille ouvriers. A l’époque, j’avais été frappé par la réaction internationale à la catastrophe : non seulement était-on scandalisé des conditions de travail dans ces ateliers de confection, mais on tenait également les grandes chaînes d’habillement pour responsables de la catastrophe. Certains ont arrêté d’acheter les vêtements vendus par ces enseignes et ont appelé au boycott, ou ont réclamé de meilleures conditions de travail pour les ouvriers de ces ateliers – parfois avec un certain succès. Comme si l’on avait soudainement réalisé que le fait d’acheter certains biens pouvait entraîner des conséquences pour des populations vivant et travaillant à l’autre bout de la planète. Mais le Bangladesh est aussi un pays situé en première ligne pour ce qui est des impacts du changement climatique, où les déplacements de population sont déjà monnaie courante. Pourtant, cette corrélation entre les actions des uns et la souffrance des autres, qui semblait si évidente dans le cas de la catastrophe du Rana Plaza, n’est pas établie de la même manière pour le changement climatique.

Et en effet, le plus grand défi de l’Anthropocène est peut-être le défi du cosmopolitisme. L’Anthropocène, en tant que concept, peut produire la fausse impression d’une humanité unifiée, où tous les humains seraient également agents des transformations de la planète. Pourtant l’Anthropocène s’ancre aussi dans les inégalités, où les actions des uns causent la souffrance des autres. Le risque de l’Anthropocène est donc aussi celui d’amener à la dépolitisation des sujets : l’« environnementalisation » de la politique pourrait aussi induire la dépolitisation de l’environnement. C’est ce qui est arrivé, dans une certaine mesure, aux réfugiés climatiques.

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